3.11.13

La vie zéro déchet : le grand déballage




C’est avec beaucoup de plaisir que je reviens noircir les pages de ce blog.  Six mois depuis le dernier post, il s’en est passé des choses. Des chouettes et des moins chouettes. Mais surtout des chouettes, notamment des projets pro et associatifs, très prenants mais passionnants.
Et puis, bien sûr, pas mal d’avancées dans la vie zéro déchet. 

On fait un point ?

Let’s rewind : 6 mois en arrière


Dans ma quête vers une vie zéro déchet, la première étape a été bien évidemment celle de l’état des lieux. Faire le tour du propriétaire et évaluer les dégâts. 
J’entrepris donc d’explorer l’appart dans son intégralité et de rapatrier sur la table du salon tout ce qui avait pour vocation d’être jeté dans un laps de temps plutôt court (les meubles ça compte pas, les fringues non plus, les livres non plus, l’ordinateur non plus… Vous comprenez le cheminement).

Quels étaient mes choix et habitudes de consommatrice qui venaient grossir de manière régulière l’énorme tas d’ordures incinérées quelque part dans une commune de mon agglomération ?




source



J’ai donc entassé tout ça histoire d’avoir un aperçu en volume de ce que serait ma contribution à la pollution globale de notre environnement.

Pour rappel, quelques jours avant de procéder à ce grand déballage, j’écrivais ici même que « je suis plutôt du genre exemplaire » en matière de réduction des déchets, aux yeux de mon entourage en tous cas  (pour ne pas dire radicale pour certains). 

Mais à la vue de ma table à manger entièrement recouverte de détritus en devenir, excavés de mes placards de cuisine, de la salle de bain, de l’entrée, du bureau, bref du moindre recoin ; mon bec s’en est trouvé cloué. Ma modestie avec.





Du pain sur la planche




Certes, je me savais non exempte de tout reproche : j’avais abandonné mon lombricompost, fatiguée de voir des nano-mouches jouer avec ma nourriture dès que j’avais les yeux ailleurs et j’avais conscience d’un certain nombre de choses dans la salle de bain ou la cuisine emballées dans du plastique, des trucs pas joli-joli. 

 Mais j’avais pour ainsi dire complètement exclu de ma mémoire 2 types de futurs déchets :


_ toutes ces petites choses qui font tellement partie de la routine qu’on ne les voit même plus. Autrement dit, tout ce qui constitue le décor : pour ma part des tubes de peinture acrylique, des rouleaux adhésifs en tous genres, des élastiques en caoutchouc, des rouleaux de calque, des feutres… Dix ans que je trimballe ce matériel d’appartement en appartement, il fait partie des murs, pourtant un jour, il atterrira bel et bien dans une poubelle.

_ ce dont on ne se sert qu’occasionnellement : ici principalement du matériel de bricolage (papier de verre, enduit, etc…), des médicaments, des bougies.


Je m’étais focalisée sur les achats répétitifs, ceux du quotidien, ceux qu’on inscrit sur une liste. Erreur : chez moi ce qui constitue le plus gros de ce qui deviendra déchet n’est pas de ce qu’on inscrit sur une liste avant d’aller pousser son charriot dominical. Chez moi le déchet est fourbe. Il se planque là depuis des années et fait tout son possible pour se faire oublier : à faire partie de ma vie depuis si longtemps je ne le vois plus (comme la peinture, que je n’utilise plus qu’occasionnellement) ou bien je ne m’en sers jamais et j’en oublie l’existence (les bougies, par exemple).



Dépitée devant l’ampleur du tas sur ma table, j’arrivais donc à la conclusion suivante :

1)      Ne jamais sous-estimer ce que cachent les placards

2)      Se dire que des alternatives 0 déchet existent pour quasiment tout

3)      Sourire en constatant que pas mal me viennent en tête rien qu’en regardant le tas



Aujourd’hui

Avec le recul je réalise le changement. 90% de ce qui se trouvait sur ma table de salon en avril n'existe plus. Pour autant, rien ne s’est fait de manière contraignante mais plutôt naturellement, au fil de l’eau. 

Ma principale technique a été de ne pas racheter ce que je n’avais plus et de réfléchir à une alternative parmi ce que j’avais à la maison. J’adore faire ça : réfléchir à ce que j'ai plutôt qu’acheter.

Autrement dit, faire avec les moyens du bord. Les architectes Charles Jencks et Nathan Silver ont eu la bonne l'idée d'appeler cela l'Adhocisme, tirée de la locution ad hoc : qui convient à la situation, adéquat. 

A ne pas confondre avec...



Personnellement c'est tout ce que je demande aux produits que j'utilise : qu'ils remplissent leurs fonctions. Une fois que l'on a intégré ça, toute une panoplie d'alternatives s'offrent à nous.

Je n’ai plus de produit vaisselle ? Et si je le remplaçais par quelque chose que j’ai DEJA et qui nettoie tout autant ? C’est ainsi qu’un cube de savon de Marseille trône sur le bord de mon évier depuis des mois…

Finies les éponges également. J’ai tout simplement découpé une microfibre. Que je nettoie en machine. 

Plus d'essuie-tout non plus. N’en ayant pas racheté, le jour où j’ai en eu besoin, il a fallu trouver une solution. J’ai désormais une pile d’une trentaine de carrés de tissu découpés dans un vieux drap, à porter de main dans le tiroir de la cuisine.

Petit à petit, des choses plus durables en remplacent d’autres. On retrouve des réflexes que nos grands-parents tenaient pour des habitudes, et on se demande bien comment on a pu les oublier à ce point, alors que ces gestes sont si simples et de bon sens. 


Je vous vois venir : quid du temps ? Oui celui qu'on perd à nettoyer les supers alternatives en tissu que je vous vante. Et bien il n'existe pas ce temps perdu, au contraire j'en gagne ! Entre aller dans un rayon supplémentaire dans un magasin et chercher parmi les différents modèles proposés ce qui me convient en éponge ou en essuie-tout, et mettre dans ma machine à laver des carrés de tissus sales, il n'y a pas photo : je préfère ouvrir le hublot de ma machine.
Idem pour les ressources générées à l'utilisation de cette méthode alternative : laver consomme de l'eau et de l'électricité mais les dommages environnementaux sont bien moindres que ceux induits par l'éponge ou l'essuie-tout du supermarché. Plus de transport, plus d'emballage et réemploi d'un matériau plutôt qu'utilisation de nouvelles ressources énergétiques et exploitation ou fabrication de nouvelles matières (arbres pour l'essuie-tout, dérivés pétrochimiques pour l'éponge). Typiquement le genre de chose qui me fait penser : pourquoi s'en priver si ça rend tout le monde content ?

Je n'ai pas perdu en confort, loin de là, cette simplification des choses est pour moi un luxe. 



Mais il y a encore certains challenges que je n’ai pas relevés. 

Vous voulez celui du moment ?

Le papier toilette. 

Celui ou celle qui me trouve une solution pour acheter du papier toilette qui ne soient pas emballé dans du plastique, je l’invite à un repas zéro gaspi ! 

Parce que, malheureusement, contrairement à ce que pourrait faire penser cette pub, le papier toilette ne s'achète pas encore en vrac (pas suffisamment hygiènique ? ok, elle est facile...).


Si vous voulez rire un peu, je vous invite à cliquer sur ce lien...


Et non, l’utilisation de l’eau comme on le pratique souvent dans les pays musulmans ou celle du journal comme chez votre vieille tantine radine, ne sont pas des options viables me concernant...



A très vite pour plein d’autres alternatives !

(moi aussi je suis contente de vous revoir :) )