Comme beaucoup de monde, un jour j’ai eu des livres par
centaines (voire un millier et quelques à une époque…). Je les chérissais comme
la prunelle de mes yeux. J’ai eu également des CDs que j’écoutais en boucle, des DVDs que je regardais rarement plus d’une fois,
des vêtements en pagaille mais j'avais malgré tout l’impression de n’avoir
rien à me mettre, des chaussures et des sacs dont parfois j’oubliais
l’existence au fond d’un placard, divers objets disséminés dans mon appartement
et prétendument censés refléter ma personnalité…
Ni plus ni moins que tout à chacun en fait.
A l’image d’un grand nombre de personnes qui disposent de
caves et de greniers qui débordent, j’ai laissé pendant des années des cartons
pleins à craquer dans le garage de mes parents. Ma chambre en colocation étant
trop petite pour contenir ce que j’avais accumulé en seulement une petite
vingtaine d’années d’existence.
Le paradoxe de cette situation c’est que j’ai laissé croupir
dans un garage froid, plein de poussière et à quelques kilomètres de mon
nouveau chez moi (donc inaccessible rapidement) des objets dont je pensais qu’ils
étaient suffisamment importants pour moi pour ne pas m’en débarrasser.
Et puis au bout de quelques années, j’ai à nouveau déménagé.
Et à nouveau encore. Au final j’ai déménagé 9 fois en 10 ans. Et à chaque fois,
le même rituel au moment de faire les cartons : ça, je garde ou pas ? Hmm, non, ça fera toujours ça de moins à porter.
Mais j’avais beau me délester, il en restait pas mal encore. Certes je faisais du tri et je laissais partir certaines choses mais, régulièrement, j'en faisais entrer d'autres.
Avant d’habiter dans l’appartement où je suis désormais, j’ai
vécu 3 ans dans un appartement partagé où mon espace personnel se résumait à
plus ou moins 10m².
Dans ce contexte, les premiers mois j’ai essayé tant bien
que mal de faire tenir dans cette surface ce que j’avais étalé dans
plus large les six années précédentes. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai
changé les meubles de place, tentant toutes les combinaisons possibles et imaginables,
en espérant de manière utopique qu’une, sans doute, me garantirait plus de place.
Plus de place, c’était ça dont j’avais besoin. Mais il fallait se résoudre au fait que je ne
pouvais ni re-déménager ni pousser les murs. Et dans ce cas, la seule solution à
ma portée c’était de libérer de l’espace dans ce volume.
J’ai alors commencé un long cheminement : je me suis
questionnée sur l’utilité de posséder chaque objet qui se trouvait dans cette
pièce.
De l’agrafeuse au beau livre d’architecture.
Et j’ai fait mon mantra de cette citation de William Morris :
Have nothing in your house that you do not know to be useful or believe to be beautiful.
(N’aies rien chez toi que tu sais ne pas être utile ou ne pas trouver beau.)
Je n’ai pas tout fait d’un seul coup. J’ai étalé ça sur des
semaines, voire quelque mois. Un tiroir
par ci, une étagère par là.
Voilà comment j’ai opéré :
- Je me suis promis d’être honnête avec moi-même sur ce coup-là
- Je me suis systématiquement posé la question : Est-ce que j’ai REELLEMENT besoin de ça ? (comprendre : si cet objet disparaît, est-ce que je devrais m’en procurer un autre sous peine de trop galérer ou être vraiment triste sans ?)
- J’ai fais trois tas : A garder, Pas sûr, Bye Bye.
- J’ai mis le tas Pas sûr dans un carton que j’ai déposé au garage et je l’ai oublié. Dans l’idée je m’étais dit que si, dans les mois suivants, je n’allais pas y rechercher ce que j’y avais mis, je pourrais intégralement me débarrasser de son contenu . Le fait est que je l’ai complètement oublié jusqu’à ce que je déménage. Pas suffisamment importants ou utiles pour moi : ils étaient devenus des objets Bye Bye.
- J’ai vendu/donné/jeté ce qui composait le tas Bye Bye
Si vous vous lancez dans cette aventure (c’en est une) et
que vous répondez honnêtement à la question précédemment citée, vous ferez sans
doute le même constat que moi : on n’a pas besoin de grand-chose pour
vivre heureux et confortablement.
Donc, j’ai beaucoup vendu sur internet et dans des vide-greniers. J’ai récupéré une somme non négligeable au final, mais qui ne signifie rien en comparaison de l’argent investi lors de l’achat de tous ces objets dont finalement je n'ai eu qu'assez peu l'usage.
Quid des rollers que je n’ai utilisés que deux fois ?
Et du sac à dos de 50 litres dont la taille ne correspond
pas à ce dont j’ai besoin la plupart du temps quand je pars en vacances ?
Est-ce que j’ai vraiment besoin d’avoir 4 sacs à main alors
que je ne porte que celui-là ? Plus un cabas, plus des pochettes, plus un
sac à dos…
Et qu’en est-il de tous ces livres que je ne relis jamais ?
De ces CDs que je peux très bien graver sur mon disque dur ?
Ai-je vraiment besoin d’avoir 6 chapeaux et 8 colliers, moi
qui porte rarement l’un ou l’autre ?
Pourquoi j’ai 2 presse-agrumes ?
8 serviettes de toilette pour moi seule, ça fait beaucoup,
non ?
Et avec ces 16 crayons à papier, je n’aurai pas assez de 10
ans pour les user…
Ma perceuse électrique, si je la revends, je pourrais très
bien en emprunter une quand j’en aurai besoin (c'est pas comme si j'avais des trucs à percer tous les jours)
Je ne compte pas le temps passé à trier, prendre en photo,
rédiger des annonces, les poster sur différents sites, faire des colis, aller à la poste, aller déposer des sacs bourrés à craquer aux associations caritatives (et les porter).
Mais ça n’est RIEN en comparaison du BONHEUR que je ressens
à avoir moins de choses autour de moi, à avoir moins à ranger, nettoyer, faire
attention à ne pas casser, stocker, aller chercher, remettre à sa place, porter dans les déménagements…
Je ne me rendais pas compte que j'étouffais, mais aujourd'hui je réalise que je respire VRAIMENT.
Se désencombrer d’objets inutiles c’est comme faire de la place
pour plus de vie. Je sors plus souvent de chez moi, je fais plus de choses, je
lis plus souvent, je me laisse tenter par des opportunités, je profite de l’espace
libéré, je ne crains pas de m’éloigner trop longtemps ou trop loin de chez moi puisque
finalement ce que j’ai gardé ne représente pas une grosse somme d’argent. Les cambrioleurs
ou un quelconque sinistre peuvent bien faire leur affaire : je n’aurais pas
perdu grand-chose.
Sans compter les économies de temps et d’argent réalisées !
Pas besoin de payer une cave, un grenier, un garage ou un espace de stockage
privatisé. Pas besoin non plus d’un appartement très grand ou garni de placards et autres rangements. Et tout ce temps que je ne passe plus à
entretenir ces objets : les nettoyer, les ranger, etc…
C’est ça ma liberté : ne posséder que ce que j’utilise
régulièrement, que ce qui est irremplaçable à mes yeux, que ce que je trouve
beau. Etre minimaliste.
Aujourd’hui, je possède :
_ 49 livres
_ 1 CD (récemment offert par un ami)
_ 35 vêtements (vestes et manteaux compris)
_ 7 paires de chaussures (running shoes comprises)
_ 3 sacs de tailles différentes (1 pochette, 1 sac à main, 1
cabas)
Ainsi que des meubles, de la vaisselle, du linge,
des outils de bricolage, de quoi écrire, dessiner et coudre (aussi important que bricoler pour moi). Réduits uniquement
à ce dont j’ai besoin.
Des souvenirs aussi.
Par contre, j’ai commencé une collection…
....de citations !
....de citations !
Le secret du bonheur ne se trouve pas dans le désir de vouloir plus mais dans la capacité à apprécier moins. Socrate
Celui qui sait qu’assez est suffisant aura toujours assez. Lao-Tseu
Trop est pire que peu. Proverbe japonais
Attache moins d’importance à ce que tu possèdes qu’à ce que tu vis. Joshua Becker
La simplicité est exactement à mi-chemin entre pas assez et trop. Sir Joshua Reynolds
Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer. Henry David Thoreau
La simplicité c’est l’harmonie parfaite entre le beau, l’utile et le juste. Frank Lloyd Wright
La perfection est atteinte non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter mais lorsqu’il n’y a plus rien à enlever. Antoine de Saint Exupéry
La vraie valeur d’un homme réside non pas dans ce qu’il a mais dans ce qu’il est. Oscar Wilde
Si tu n’apprécies pas ce que tu as déjà, comment pourrais-tu être heureux avec plus ? Anonyme
Et ma préférée :
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Les gens les plus heureux ne possèdent pas tout. Ils savent juste prendre le meilleur de tout. Anonyme
Envie de vous lancer dans une opération commando désencombrement ? Je ne peux que vous conseiller la lecture de l'Art de la simplicité de Dominique Loreau. Un des rares livres que j'ai offert plusieurs fois.
Prêt-e à savoir ce dont vous avez réellement BESOIN ? Vous risquez d'être surpris-e...
Là tout de suite, si je vous demande quel est le premier truc qui vous vient en tête, que vous avez chez vous et dont vous ne vous servez pas, vous répondez quoi ? C'est la question à 10 000$ du jour.



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